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Alice Quinn a beaucoup de points communs avec sa Rosie Maldonne, l'héroïne de Un palace en enfer...

Comme elle, elle vit dans le midi, elle est désorganisée, elle a des gosses, des chats, elle a vécu dans une caravane, et elle connaît bien le système D pour survivre....

Elle a fait toutes sortes de métiers, de ouvreuse de cinéma à serveuse dans des cafés, elle écrit depuis longtemps, mais sous d'autres noms, elle a joué dans une comédie musicale dans des MJC en chantant comme une casserole, elle a voyagé dans pas mal d'endroits, bref, elle a des petites expériences de la vie qui lui ont permis d'imaginer le personnage de Rosie. 

 

 RENCONTRE AVEC UNE AUTEURE SYMPATHIQUE ET GÉNÉREUSE

 

 - BONJOUR ALICE, POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER EN QUELQUES MOTS ET NOUS EN DIRE UN PEU PLUS SUR VOTRE PARCOURS ?

Bonjour Mélanie,

 et merci de me donner l’opportunité de m’exprimer sur votre blog.

 Je suis très bavarde, alors, là, je vais essayer de faire court !

Je suis auteure, je privilégie plutôt les romans de « feel good », les comédies, les polars doux, cosy… J’ai écrit une série de comédies policières Au pays de Rosie Maldonne :

1/ Un palace en enfer. 2/ Rosie se fait la belle. 3/ L’ombre du zèbre.

J’ai longtemps écrit des romans pour les adolescents, et bien qu’éditée, parfois par de grandes maisons, je ne me suis jamais sentie heureuse comme auteure dans le paysage éditorial français.

Je ne mâcherai pas mes mots, les auteurs y sont maltraités.

La révolution du numérique et la possibilité d’éditer sans frais son propre roman en numérique sur le Net m’a permis de m’affranchir de cette aliénation.

Je suis, depuis, une auteure épanouie, et cela, depuis avant que mon premier roman ne cartonne sur le Kindle.

En lançant mes premiers écrits sur Kindle, je jubilais, je planais, j’étais euphorique.

J’avais le sentiment d’avoir pris mon destin d’auteure en main.

Depuis, j’ai été rattrapée par certains éditeurs et je suis à présent ce qu’on appelle un auteur hybride. Sous ce mot barbare se cache une nouvelle réalité éditoriale : certains de mes romans sont en autoédition et d’autres sont édités par des éditeurs traditionnels.

Je me sens à l’aise dans cette façon de vivre mon métier, car rien n’y est fermé, je me sens complètement libre de mes choix, (ce qui n’empêche que je peux faire des erreurs, mais j’en suis seule responsable) et surtout c’est très nouveau, le côté pionnière me plaît.

 

 

 - ROSIE EST UN PERSONNAGE HAUT EN COULEUR. COMMENT EST-ELLE NÉE?

Rosie a été fabriquée de toute pièce, mais à partir d’un puzzle composé d’un désir précis et de rencontres. Je voulais une héroïne fraîche, honnête, marrante, un peu loser (c’est toujours plus drôle), mais fière à bras, courageuse et généreuse. J’ai pioché ces qualités chez nombre de mes amies. Un trait venant de l’une, un autre d’une autre. À l’arrivée, elle a aussi un peu de moi, mais elle est surtout tout ce que j’aurais aimé être et que je ne suis pas, à commencer par son côté belle fille et sexy.

Je voulais aussi qu’elle soit représentante du lumpenprolétariat français actuel (je rappelle au passage que 9 millions de personnes en France vivent en dessous du seuil de pauvreté, et que la plupart ce sont des femmes, mamans mono-parentales, premières touchées par les emplois précaires et la grande pauvreté.) Car j’en avais assez des personnages de « vice-présidente d’une société de cosmétique » et de leurs soucis amoureux.

Mais je voulais le faire sur un ton de comédie, je ne crois pas à la plainte, aux lamentations.

C’était finalement une tentative de subversion de la chick-litt d’un point de vue sociétal. Mais je pense, et heureusement, que toutes les femmes peuvent se reconnaître dans Rosie, quelles que soient leurs professions.

 

 - ROSIE VIT DES AVENTURES ROCAMBOLESQUES , MAIS QUI FINISSENT BIEN.

    EST-CE IMPORTANT POUR VOUS CETTE NOTE POSITIVE?

Oui, bien sûr . C’est le choix de la comédie qui veut ça. Il y a suffisamment d’humour assez pessimiste et grinçant qui se cache sous les propos en apparence anodins de Rosie, il était hors de question de faire du sarcasme à la fin.

Rosie parvient à se sortir de toutes les situations, c’est important, même si parfois c’est de façon un peu bancale. Cela me vient de l’école de l’écriture jeunesse. Dans La psychanalyse des contes de fées, Bettelheim nous explique en quoi il est important qu’un conte finisse bien pour construire l’enfant.

La série de Rosie, en plus de la simple distraction, mais aussi de l’aspect social, a également une valeur thérapeutique. Je m’en suis rendu compte avec les nombreux témoignages de lecteurs et lectrices. « Ce roman m’a donné la pêche… Ce roman m’a fait du bien… Ce roman m’a donné du courage… Ce roman m’a fait comprendre des choses sur mon rapport à l’argent, etc. » Mais si Rosie ne s’en sortait pas à la fin, si l’aventure ne l’aidait pas à grandir, si la fin nous plombait, l’effet obtenu serait contraire. Déprimant. Ce qui n’empêche pas mes fins d’être plutôt réalistes en ce sens que souvent l’affaire ne trouve pas un dénouement reconnu par les autorités. Comme nous le savons, la corruption règne et la justice ne triomphe pas toujours. Mais Rosie « arrange » tout à sa façon, et son côté philosophe s’accommode du réel.

En février j’ai un roman complètement noir et cruel, Fanny N., qui va sortir, publié par le label des Indés. Très sombre. Mais je vais prévenir mes lectrices de faire attention. Elles n’y trouveront pas ce qu’elles cherchent habituellement dans mes Rosie.

Donc, oui, je fais des fins positives, mais attention, un auteur peut parfois cacher son côté obscur, et il m’arrive de faire des romans sinistres qui finissent mal !

 

 Le nouveau roman d'Alice :

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 - DITES-NOUS TOUT. SAVEZ-VOUS DÉJÀ COMBIEN DE TOMES COMPORTERA LA SÉRIE DES ROSIE ?

J’ai prévu d’en écrire 5 en tout. J’en suis au troisième. Je suis ralentie en ce moment à la fois par une nouvelle série policière historique que j’ai commencée, et par le fait que je suis éditée à présent pour la série des Maldonne par AmazonPublishing, mon éditeur, donc soumise à leur calendrier.

Mais je suis prête, sur les starting-block, y compris à voler de nouveau de mes propres ailes avec bonheur s’ils décident de ne pas me suivre jusqu’à la cinquième saison. J’irai jusqu’au bout. C’est aussi ça, le merveilleux de l’autoédition !

 

 - DEPUIS LE DÉBUT DE CETTE SÉRIE, VOUS AVEZ CHANGÉ DE MAISON D'ÉDITION.

      POUVEZ-VOUS NOUS DIRE POURQUOI? CELA A-T-IL CHANGÉ VOTRE FAÇON DE TRAVAILLER?

J’ai répondu partiellement à cette question, mais disons pour prendre le sujet d’un autre angle qu’il s’agit en fait des aléas de la vie d’une série, des rencontres, des possibilités offertes par le numérique, de mon goût pour l’aventure, le changement et l’expérimentation.

Ma façon de travailler ne change pas, mais une maison d’édition apporte toujours un plus, grâce à un regard extérieur de professionnels qui vous donnent parfois un point de vue enrichissant sur le roman.

On apprend toujours à ce niveau.

 

- LA MUSIQUE TIENT UNE PLACE PARTICULIÈRE DANS VOS LIVRES. QUEL RÔLE TIENT-ELLE POUR VOUS ? 

J’aime bien chanter. Je ne suis pas trop l’actualité musicale et je n’ai pas de mémoire, alors je chantonne, je gazouille, je mélange, j’ai des coups de cœur, de nostalgie.

Dans le cas de Rosie, je voulais que les romans soient rythmés par la mère et la grand-mère de Rosie, et par la Variété de leur époque (genre France Bleue ou Radio Nostalgie), des chansons qui parlent, qui racontent des histoires, ce qui me permettait de faire un pont entre l’au-delà, à travers sa mère qui lui envoie ces chansons pour lui faire passer des messages et l’accompagner dans l’adversité, l’aider, sous forme de rêves, et Rosie.

 

 - SI VOUS DEVIEZ RÉSUMER VOS LIVRES EN UN MOT, QUEL SERAIT-IL?

Pour la série des Rosie, je dirais : « Trop » J’aime bien faire trop, en général, mais dans cette série ça s’y prête. C’est un reproche que me faisaient mes profs. J’en faisais un peu trop. Tiens voilà un point commun avec Rosie. Elle aussi elle en fait trop. Et dans la série des Rosie, il y a trop de tout. Trop d’humour, de burlesque, trop d’événements rocambolesques, trop d’invraisemblable, trop d’amis, trop d’enfants, trop de rires, trop d’amour. Mais il faut bien cela pour lutter contre le trop morose et cinglé du monde tel qu’il va, vous ne trouvez pas ?

 

 - LES AVENTURES DE ROSIE ONT UN PETIT CÔTÉ CINÉMATOGRAPHIQUE. CELA VOUS PLAIRAIT-IL DE VOIR VOS LIVRES ADAPTÉS SUR GRAND ÉCRAN?

Grand ou petit écran, oui, bien sûr, ce serait super. Quand je les écris, je les vois. Ce sont avant tout des images, des couleurs et des sons, des voix... Alors, le film, ce serait la suite naturelle. Mais ça ne dépend pas de moi.

 

 - ET POUR FINIR, SI VOUS DEVIEZ NOUS CONSEILLER UN SEUL LIVRE, UN LIVRE QUI VOUS AUREZ MARQUÉ, QUEL SERAIT-IL?

Je ne conseille pas de livres, c’est trop personnel. Je lis beaucoup, de façon éclectique, donc difficile pour moi d’en choisir un seul. Quasiment impossible.

Je vais donc en mettre plusieurs, très différents les uns des autres, histoire de diversifier :

 

La reine des pommes, de Chester Himes

Le temps nous chantions, de Richard Power

Aztèques dansants, de Donald Westlake

Le charme des après-midi sans fin, de Dany Laferrière

American Darling, de Ken Russel

Et

Les poisons de Katharz, de Audrey Alwett, (de la fantasy et de l’humour)

pas parce qu’Audrey est une amie, mais parce que c’est une très grande.

 

Bon j’arrête là, mais ça me donne envie de continuer ad vitam aeternam,  car une idée en amène une autre.

Alors je crois que vous m’avez donné le déclic de faire un article sur mon blog comme ça, gratuitement, juste pour le plaisir, avec plein de bouquins que j’ai lus un jour dans ma vie et que j’ai aimés…

 

merci Mélanie…

 

MERCI BEAUCOUP ALICE D'AVOIR PRIS DU TEMPS POUR RÉPONDRE À CES QUELQUES QUESTIONS. 

 

 Le blog d'Alice :

Alice Quinn vous souhaite la bienvenue

Recevez le présent d'Alice Quinn Mes souhaits pour 2017 seront débordants de livres, de couleurs, de rires, d'harmonie et de solidarité... Des mots, des mots, des mots car la libre parole éclaire le monde .... Voilà une carte qui dessine la piste de mon prochain grand roman, - C'est historique, c'est policier, mais pour l'instant,...

http://alice-quinn.com

 

 

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