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         TITRE : POUR QUE LA MORT NE CRIE PAS VICTOIRE

     AUTEUR : ALEXIS RUSET

    ÉDITEUR : ÉDITIONS ZINEDI

      SORTIE : 16 MARS 2017

          PRIX : 20€

 

 

 

            [ RÉSUMÉ ]

 

 

" C'était à l'aube. Le jour diluait lentement la nuit. La Harpaille sommeillait encore et la campagne plombée par un ciel gris, se reposait des hommes...

Un vent à décorner les boeufs éparpillait une à une les traînées de brume dormante, emmêlées aux branches des peupliers. On entendait au loin sa basse sonore hurler dans les sapins, sinistre.".

La mort rôde en 1914 dans ce hameau reculé des Vosges. Elle menace un étrange petit homme venu de l'Alsace allemande, en butte à l'hostilité des habitants, et le forgeron qui l'a pris sous sa protection. Elle crie victoire quand éclate la Grande Guerre, mais la vie, l'amour et l'amitié n'ont pas dit leur dernier mot."

 

 

       [ AVIS ]

 

 

Un passé totalement d'actualité.

 

Ce roman est une plongée au début du 20e siècle,dans les Vosges.

Alors que la Première guerre mondiale se profile,

l'on découvre l'histoire d'un petit homme aux talents particuliers.

Il se met au service des autres pour les soigner et les aider comme il peut.

Il vit avec Joseph,Octave et Léa,une famille qui l'a accueilli les bras ouverts.

Mais ce sont bien les seuls malheureusement.

Sa condition d'étranger n'est pas acceptée par les habitants de ce petit hameau vosgien

qui ont un fort sentiment d'animosité envers lui.

Et l'approche de la Première guerre mondiale va exacerbé la malveillance de certains.

 

Ce livre aborde un sujet très fort, le rejet de l'autre car il est différent de nous.

Ici un homme subit des brimades à cause de sa différence.

Parce qu'il n'est pas originaire du village, qu'il est de petite taille

et qu'il a un don pour soigner ,

certains se servent de lui comme d'un bouc émissaire.

Les superstitions sont légions et le petit homme va en faire les frais.

Et l'effet de groupe renforce le sentiment de supériorité de ceux qui voit en l'autre un ennemi.

 

À la lecture de ce roman on ne peut qu'être touchée par cette histoire et ce qu'elle dégage.

Bien que l'histoire se passe au début du 20e siècle on ne peut que trouver

l'histoire férocement d'actualité.

Aujourd'hui les communautarismes refont surface dans certains pays

et les victimes en sont notamment les réfugiés.

Ce repli sur soi se développe malheureusement de plus en plus.

Et l'autre est souvent vu comme un potentiel ennemi.

 

J'ai aimé cette histoire grâce à ce thème très fort mais aussi grâce à la façon

dont l'auteur sait nous faire voyager à cette époque.

On n'a l'impression d'avoir fait un bond dans le temps et de vivre ces événements en direct,

que ce soit l'histoire du petit homme ou la vie d'Octave sur le front .

 

De fait, la Première guerre mondiale marque fortement le récit.

À la fois car elle touche fortement certains personnages,

tel Octave qui doit aller combattre,

mais aussi parce qu'elle va conduire à des évènements dramatiques.

Elle va venir changer radicalement le cours de certaines vies.

La mort rode là où la guerre laisse son empreinte.

 

On pourrait dire que ce livre est une plongée dans la vie d'un petit village

à l'aube de la guerre mais ce n'est pas seulement cela ,

c'est aussi et surtout une plongée dans la conscience humaine

dans ce qu'elle a parfois d'ambiguë , de violente et de généreuse.

 

Un roman puissant.

 

Je remercie les Éditions Zinedi pour ce service presse.